Le rôle des réseaux sociaux (partie 2)

G.A.V. - Le rôle des réseaux sociaux (partie 2)

2. L’émergence des réseaux sociaux électroniques

I. Qu’est-ce qu’un réseau social ?

Le terme de réseau social a été introduit pour la première fois en 1954 par John A. Barnes. Une définition plus moderne d’un réseau social est apparue en 2004 comme « un ensemble de relations entre un ensemble d’acteurs ». Cet ensemble peut être organisé (c’est le cas d’une entreprise) ou non (comme un réseau d’amis) et ces relations peuvent être de nature fort diverse (pouvoir, échanges de cadeaux, conseil, etc.), spécialisées ou non, symétriques ou non. Il s’agit d’un élément immatériel qui définit l’interaction entre des éléments ou des personnes qui font partie d’un même ensemble en vue de leurs points communs, matériels ou immatériels.

Les services de réseaux sociaux peuvent se définir comme étant des services Internet qui permettent à leurs utilisateurs :

  • De construire un profil public dans le cadre d’un système délimité
  • D’organiser une liste d’utilisateurs avec lesquels ils partagent des relations différentes
  • De voir et de croiser ses listes de relations mais aussi celles d’autres utilisateurs qui sont dans le système.

Pour survivre, un réseau social doit engendrer une interdépendance entre ses membres. Ceux-ci ont besoin de partager leurs expériences et d’obtenir le feedback des autres membres, autrement dit leurs réactions. Ces expériences peuvent être sous forme d’information, d’articles, de vidéos ou encore d’images. Cette diffusion des informations plus ou moins personnelles est directement rattachée à la croissance de la culture libre, dont le web 2.0 a permis l’envolée.

En pratique, on distingue classiquement 4 grands types de réseaux :

II. La diversification de la culture libre

La culture libre peut se définir comme « la libre distribution des connaissances et leur accroissement grâce à l’élaboration, la modification ou l’enrichissement d’œuvres déjà existantes sur la base du partage et de la collaboration sans que celles-ci soient freinées par les règles liées à la protection juridique de la propriété intellectuelle ». Elle prône l’égalité de l’accès à l’information et la connaissance et est antérieure à l’invention d’internet. 

En effet, en 1911, Henry Ford entreprit de faire annuler le brevet que Georges Selden de Rochester déposa en 1895, qui lui donnait l’exclusivité pour les moteurs à deux temps et qui freina le développement de l’automobile aux Etats-Unis. 

Ayant eu gain de cause, Ford créa ce qui allait devenir le Motor Vehicle Manufacturers Association au sein de laquelle les fabricants utilisaient librement leurs brevets réciproques. Ainsi, chaque société automobile était libre de développer ses propres technologies et d’obtenir les brevets appropriés, ceux-ci pouvant être utilisés par toutes les sociétés du groupe sans avoir à payer de droit.

C’est cette même idée de partage basé sur le travail des uns et des autres qui est à la base de la culture libre dans le domaine de l’informatique. Les valeurs qu’elle soutient sont : la liberté, la liberté d’expression, le contrôle par l’utilisateur, la vie privée, le partage du savoir et la coopération.

Le meilleur exemple pour illustrer cette philosophie sur Internet est sans nul doute le site Wikipédia, encyclopédie électronique universelle mise en ligne le 10 janvier 2001 : plus de 16 millions d’articles rédigés en plus de 270 langues et attirant quelque 78 millions de visiteurs. Aujourd’hui, ce n’est pas moins de 300 millions de photos qui sont partagés chaque jour sur les réseaux sociaux.

Il est important de faire la différence entre la culture libre en informatique et la culture libre des internautes. La culture libre en informatique est relatée par les « logiciels libres », qui prônent la gratuité dans le partage des codes sources (avec toutefois certaines restrictions découlant du droit d’auteur), alors que la culture libre des internautes est leur désir de partager des photos ou des vidéos sur le web, avec une notion de gratuité. 

En effet, énormément d’internautes téléchargent des films, de la musique, ou des images gratuitement puis les partagent sans se soucier des droits d’auteurs auxquelles sont soumis ces éléments. Pour contrer cela, plusieurs États, dont la France, cherchent à se doter de lois visant à renforcer la dimension marchande du Web. La loi la plus connue à ce jour en France est certainement Hadopi, créée en 2009, qui vise à contrer les pratiques de téléchargement illégal.

III. La facilité d’accès à l’information

L’avènement et le développement du web 2.0 ont considérablement bouleversés l’accès à l’information des internautes. Aujourd’hui, n’importe quelle personne peut obtenir les informations qu’il souhaite en quelques clics, grâce aux 580 millions de sites dont le web est composé. En plus de l’augmentation du nombre de sites quotidienne (recensée à 60 000 nouveaux sites par jour), on observe une augmentation du nombre d’internautes. 

En France, les sites sur lesquels les internautes aiment le plus naviguer sont Facebook, Leboncoin, Google, YouTube et EBay. Les internautes français passent chaque mois un temps pouvant aller jusqu’à 5h26, 2h15 et 1h48 respectivement, pour les trois premiers sites. Leurs activités les plus appréciées quand ils naviguent sont la vente et location de biens immobiliers, les voitures et les biens d’occasion. Les sites internet concernés comptent en moyenne 500 000 informations mises à jour quotidiennement.

De plus, il est de fait de constater que le Web 2,0 et les réseaux sociaux sont au cœur d’une révolution de l’enseignement et de l’apprentissage. Plus que jamais, les étudiants ont accès à des environnements collaboratifs qui favorisent le partage et la co-construction des connaissances (Elgg, Ning, Wikis, etc.). 

Plus flexibles, les outils technologiques du Web 2,0 offrent aux apprenants un plus grand contrôle et favorisent l’émergence d’espaces d’apprentissage personnels. Les sites comme Wikipédia, Del.icio.us, YouTube et iTunes U contiennent de plus en plus de contenus et d’approches susceptibles d’enrichir l’expérience d’apprentissage, alors que ces sites étaient à la base créés dans un but non lucratif.

Au début des années 90, il était plus facile de chercher une information car elle était répertoriée dans des sortes d’annuaires informatiques et il suffisait d’aller chercher l’information là où elle était conservée, comme si on la cherchait dans un livre rangé dans une bibliothèque au bon rayonnage. 

Aujourd’hui, la masse de sites disponibles est devenue démesurée, et on constate que plus personne ne recherche d’informations dans des annuaires informatiques (le peu qu’il reste ne sont plus mis à jour). Il est donc aujourd’hui extrêmement simple d’avoir accès à l’information sur Internet, qu’elle soit sous forme de texte, de photo, de vidéo, de localisation géographique (grâce aux fonctionnalités de Google Maps, Google Earth, Mappy ou encore Flickr Maps). Il suffit juste de savoir où la chercher et d’être en mesure de filtrer les informations correctes ou erronées (aussi appelées « hoax »). Car si aujourd’hui, un internaute moyen est capable de poster des informations sur internet, il n’est pas tenu qu’elles soient véridiques à chaque fois. 

Nous pouvons de nouveau citer l’exemple de Wikipédia, l’encyclopédie universelle libre qui autorise n’importe quel internaute à y publier des informations, qui soumet les rédacteurs aux règles de la licence Creative Commons, qui leur permet de « partager, remixer et d’utiliser cette œuvre à des fins commerciales selon les conditions d’attribution et de partage dans les mêmes conditions ».

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